Le Scorpion

Il s’appelle Armando Catalano. On le connaît plutôt sous son nom d’emprunt : le Scorpion. Dans la Rome du XVIIIe siècle en proie aux intrigues de palais et aux trahisons, ce fin bretteur et amateur de jolies femmes est en butte aux menées de l’ambitieux cardinal Trebaldi. Mais il est aussi en quête du mystère de ses origines...

Avec son regard d’acier, sa fine barbiche de mousquetaire et son air ténébreux qui lui donne une belle allure romantique, le Scorpion a tout de l’irrésistible séducteur. On le verrait bien jouer les premiers rôles dans un film hollywoodien... Ce n’est pas un hasard : le dessinateur Enrico Marini, qui a eu l’idée du personnage avant d’imaginer ses exploits en collaboration avec le scénariste Stephen Desberg, souhaitait se consacrer à une épopée de cape et d’épée. Il tenait à rendre hommage aux classiques du cinéma qui avaient enchanté son enfance, du Moonfleet de Fritz Lang au Scaramouche de George Sidney. Après avoir publié ensemble en 1996 L’Étoile du désert, un western crépusculaire, Marini et Desberg se sont de nouveau associés pour mettre en scène le Scorpion, au tout début des années 2000. Le premier voulait raconter une histoire se déroulant au XVIIIe siècle, le second avait envie d’aborder le thème de l’Église. Ce qui conduira le dessinateur à déclarer, avec humour, qu’ils ont donné naissance à « une sorte de thriller catholique »...

De Hugo à Zorro

Si elle prend appui sur des faits historiques réels, la saga du Scorpion reste avant tout une fiction. Une belle histoire romanesque mâtinée de grande aventure, dans la lignée des romanciers populaires du XIXe siècle comme Alexandre Dumas ou Victor Hugo. Le Scorpion cherche à échapper au cardinal Trebaldi, cet homme dévoré d’ambition et prêt à tout pour devenir pape. Mais il s’efforce aussi d’éclaircir les zones d’ombre de son histoire personnelle et de faire la paix avec son passé. Au-delà des péripéties, des rebondissements et des scènes d’action spectaculaires, dessinées par Marini dans ce style enlevé qui est sa marque de fabrique, la série met en scène un homme en avance sur son temps. Armando Catalano est un héros en quête de liberté et bien décidé à maîtriser sa vie, malgré les contraintes et les blocages d’une société européenne qui laisse encore peu de place aux destinées individuelles. Et, pour la petite histoire, son nom est un clin d’œil au véritable patronyme de Guy Williams : cet acteur qui interprétait Zorro dans la série télévisée de Walt Disney s’appelait en réalité Armand Joseph Catalano...

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