Murena

Les aventures d’Alix, écrites et dessinées par Jacques Martin, sont longtemps restées la référence en matière de bande dessinée consacrée à l’Antiquité romaine. Jusqu’à la sortie en 1997 de Murena, une série écrite par Jean Dufaux et dessinée par Philippe Delaby, qui montre cette période sous son véritable jour : une ère sans pitié où la quête du pouvoir autorisait tous les excès.

Rome, 54 après Jésus-Christ. Alors qu’il assiste à un spectacle de gladiateurs sous une chaleur écrasante, l’Empereur Claude vit ses derniers jours – mais il ne le sait pas encore. Bientôt, il mourra empoisonné par son épouse, la redoutable et cruelle Agrippine. Claude a reconnu son fils, Néron. Plus rien ne s’oppose donc à ce qu’elle accède au trône, et certainement pas Britannicus, le fils de Claude. Mais Agrippine devra faire face à un obstacle inattendu sur sa route vers le pouvoir : Néron refusera de n’être qu’un jouet entre ses mains. C’est lui qui sera sacré Empereur et qui deviendra le maître de Rome. Pour le plus grand malheur de la Ville éternelle...

Une référence pour les historiens

... Mais pour le plus grand bonheur du lecteur de Murena, cette saga est pleine de bruit et de fureur, de crimes et de passions, de folies et de trahisons. Le scénariste Jean Dufaux a composé une symphonie aussi fascinante qu’effrayante qui lève le voile sur le vrai visage de la Rome antique, dans laquelle la cruauté des combats de gladiateurs semble presque dérisoire en regard de celle des candidats au pouvoir suprême. Dans Murena, on trompe et on complote, on ment et on trahit, on empoisonne et on assassine. Et sans le moindre état d’âme, car la pitié et les sentiments ne sont pas de mise.

Jean Dufaux a multiplié les sources et les références pour donner à son récit l’authenticité qui a fait sa réputation auprès des spécialistes. « Murena est la meilleure fresque historique qu’il m’ait été donné de lire », a ainsi déclaré Michael Green, professeur d’histoire au King’s College d’Oxford et conseiller sur le film Gladiator. Le dessin puissant de Philippe Delaby - disparu en 2014 – possède une force d’évocation impressionnante qui saisit au plus près les sentiments des personnages et la violence de leurs relations, venant ainsi renforcer le réalisme et la crédibilité de la série. Après avoir refermé Murena, qui conjugue avec réussite la qualité des intrigues et l’intérêt historique, on peut parier que le lecteur n’envisagera plus l’Antiquité romaine découverte dans ses livres scolaires avec le même regard...

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