Rani

Créateur de nombreux héros masculins tels que les célèbres XIII, Largo Winch ou Thorgal, le scénariste à succès Jean Van Hamme a aussi donné naissance à des personnages féminins remarquables, à l’image de Jolanne de Valcourt, héroïne de la série Rani mêlant l’Histoire à l’aventure.

Un dossier de presse réalisé par l’éditeur Le Lombard s’amusait à recenser les différents mots susceptibles de définir Jolanne de Valcourt, l’héroïne de Rani. « Libre », « rebelle », « indomptable », « intrépide » étaient quelques-uns des termes censés résumer la personnalité de la jeune femme, à laquelle le qualificatif « trahie » s’applique aussi avec pertinence. Car Jolanne, incarnation de l’indépendance féminine dans un siècle, le dix-huitième, assez peu enclin à laisser les femmes goûter à l’expérience de la liberté, doit en outre faire face à la vilenie de son beau-frère, Philippe de Valcourt. Celui-ci ne supporte pas que son père fasse de Jolanne, sa fille naturelle, l’héritière de la fortune familiale. Et la malheureuse, victime d’un piège tendu par l’infâme Philippe, sera accusée à tort et condamnée à mort. Évidemment, l’histoire ne s’arrêtera pas là. Le lecteur sait qu’il peut compter sur Jean Van Hamme, scénariste expert en rebondissements et en coups de théâtre, pour façonner un destin d’exception à l’héroïne de cette série romanesque à souhait, dans laquelle l’aventure et l’imagination marchent de concert avec l’Histoire.

De la télé à la BD

À l’origine, Rani est un scénario destiné à un téléfilm, commandé à Jean Van Hamme par la chaîne de télévision publique France 2. Mais les lourdeurs et les aléas de la télé étant ce qu’ils sont, Rani a finalement été adapté en bande dessinée, avec la collaboration du scénariste Didier Alcante, et le premier album est sorti avant même que le tournage ne commence. Jean Van Hamme a toujours affirmé bien aimer cette histoire, qu’il qualifia de « Marquise des Indes » en un clin d’œil à la fameuse saga télévisée des années 1960, Angélique, Marquise des Anges. Certains critiques lui ont parfois reproché de cantonner ses personnages féminins dans des schémas et des postures convenus. « Lorsque j’ai débuté, la femme n’existait pas du tout dans la bande dessinée, si ce n’est dans des rôles décoratifs et anecdotiques », se défend celui-ci. Raison de plus pour savourer sans réserve la personnalité fougueuse et lumineuse de Jolanne, capable de réconcilier le lecteur le plus blasé avec les charmes de la grande aventure et de l’exotisme, ingrédients indémodables de la bande dessinée classique.

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