Les Campbell

Mon premier est un récit de piraterie. Mon deuxième est une saga familiale. Mon troisième est un polar mâtiné d’humour. Et mon tout s’intitule Les Campbell, une série emmenée par un dessin virevoltant et une fantaisie réjouissante, signée de Jose Luis Munuera, ancien dessinateur de Spirou et Fantasio.

Un pirate est comme tout le monde. Il a une petite famille (que l’on ne montre jamais) et une histoire personnelle qui explique celui qu’il est devenu (sans vouloir tomber dans la psychanalyse à trois euros). Contrairement à ce que l’on croit, il ne passe pas son existence à écumer les mers, à trucider ses adversaires à coups de sabre ou à plonger la tête la première dans un coffre bourré de doublons espagnols. En d’autres termes, il a une vie et il est (presque) un homme comme les autres. Campbell en offre un bon exemple. Ce flibustier précédé d’une solide réputation décide, après la mort de sa femme, de renoncer à son mode de vie et de se retirer du monde afin d’élever ses deux filles. Mais le passé, qui ne s’avoue jamais vaincu, le rattrape un jour : Carapepino, pirate lui aussi mais plutôt dans la catégorie « bouffons », retrouve sa trace. Et il est prêt à tout pour nuire à Campbell afin de s’attirer les bonnes grâces d’un troisième pirate, Inferno. Lequel est décidé à solder les comptes d’un passé qui le hante et cherche à éliminer Campbell de manière définitive...

Polar, saga familiale et histoire de pirates

Les Campbell tire son originalité de sa dualité, à la fois saga familiale et histoire de pirates. La série procède par une succession d’aller-retour entre le passé et le présent, éclairant d’un jour nouveau la vie de Campbell afin de creuser la psychologie du héros et de lui donner une véritable épaisseur. « Ce qui m’intéresse, c’est de créer des personnages complexes que leurs différentes facettes peuvent rendre paradoxaux. J’aimerais que cette richesse permette aux lecteurs de se reconnaître dans leurs réactions », explique Jose Luis Munuera, scénariste et dessinateur de la série, dans le numéro 4079 de l’hebdomadaire Spirou publié en juin 2016. « Je réalise un récit de personnages, avec des drames humains parfois très sombres, mais sur un ton de comédie de situation à la Friends. Toutes ces émotions se passent sur un décor de grande aventure, pleine d’action, ce qui donne un rythme fort au récit. Mais ma construction narrative est celle d’un polar avec un crime dont on connaît le coupable mais dont on découvre les circonstances par la reconstruction du passé des personnages. »

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